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Si nous savons comprendre avant de condamner, nous serons sur la voie de l'humanisation des relations humaines

LA REFORME DU SYSTEME EDUCATIF AU BURKINA FASO

Classé dans : EXPOSES DE SOCIO — 23 mai, 2011 @ 10:46

 

INTRODUCTION

Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Burkina Faso, à l’instar de nombre de pays africains, a connu plusieurs réformes,  ainsi que des innovations de son système éducatif. Cela en vue non seulement de son extension, mais aussi pour l’amélioration du contenu de l’enseignement afin d’adapter celui-ci aux réalités du pays. Quel est la structure du système éducatif, son organisation ? Quelles peuvent êtres ses forces et faiblesses, et quelle est l’état des reformes du système?

Pour mieux approfondir  notre connaissance sur la reforme du système  éducatif, nous soumettrons l’ensemble des questions suscité  à une analyse  approfondie.

I-                 PRESENTATION DU SYSTEME EDUCATIF

1       ) Organisation et structuration du système

Le système éducatif burkinabé est organisé en deux sous systèmes avec peu de passerelles entre eux. Il s’agit du système formel et du système non formel.

a) Système formel

Le système formel est le sous système organisé avec des finalités et disposant de programmes, et emploi de temps et des objectifs. L’éducation se réalise dans les structures bien définies et soumise à des règlementations institutionnelles. L’enseignement formel comprend : L’enseignement de base, L’enseignement secondaire, L’enseignement supérieur.

-         L’enseignement de Base

   Cet enseignement vise essentiellement à former  les enfants à la vie sociale et aux responsabilités communautaires. Le contenu des programmes portent sur des notions élémentaires   devant servir  d’assise à des apprentissages de niveau supérieurs. Il comprend l’éducation préscolaire  et l’enseignement primaire. L’enseignement   préscolaire   concerne les enfants de 3 à 6 ans   comporte un cycle  de 3 ans.  Quant à  l’enseignement primaire  il accueille  les enfants  de 6 ans révolus à 13 ans. Ce cycle d’enseignement est constitué de  trois cours  d’une durée  de deux ans chacun : le cours préparatoire (CP1, CP2), le cours élémentaire (CE1, CE2) et le cours moyen (CM1, CM2).

Le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA)  a développé des formules  d’enseignement  de base alternative  comme les classes à doubles flux (CDF), les classes Multigrades (CMG), les écoles bilingues, les écoles satellites.

-         L’enseignement Secondaire

             Maillon central du système éducatif  formel, il concerne   les élèves de 13 à 19 ans  et est structuré  comme suit :

Ø l’enseignement général : il a pour but de fournir aux sortants des connaissances générales leur permettant de poursuivre des études ultérieurs.  Il comprend  deux cycles : le premier cycle  d’une durée  de 4 ans  et est sanctionné  à la fin par le diplôme  du Brevet  d’études  du premier cycle et le second cycle qui dure trois(3) ans  et est couronné  par le baccalauréat (BAC) .

Ø L’enseignement technique  et professionnel : Il a pour but de permettre aux apprenants d’acquérir des connaissances nécessaires à la pratique d’un métier. Il comporte  trois cycles : que sont le cycle court qui dure trois à quatre ans  après le CEP  suivant  les filières  de formation  et est sanctionné  en fin de cycle  par le  Certificat  d’Aptitude  Professionnel (CAP) ;  le cycle moyen qui lui dure  deux ans après le BEPC  et débouche  sur le Brevet  d’études Professionnelles  (BEP)  et le cycle long qui dure  trois ans  après le BEPC et conduit  au Baccalauréat.

-          L’enseignement supérieur

 Ce niveau d’enseignement est le dernier maillon et niveau du système  formel  éducatif. Il reçoit les étudiants de 20 ans et plus. l’enseignement  universitaire  est offert  dans diverses filières de formations  et est dispensé  pour l’instant  dans les trois villes suivants : Université de Ouagadougou( Ouaga I et  Ouaga II ) , Bobo-Dioulasso  ( Université Polytechnique  de Bobo ou UPB),  et Koudougou (Université de Koudougou  Ex ENSK) et très récemment  celle de Ouahigouya qui est nouvellement créée .

L’enseignement Universitaire  permet de former des cadres supérieurs  tels que, les sociologues, des économistes, des juristes, des médecins. En outres les instituts et centre universitaires conduisent également  des recherches visant le progrès social et le développement économique du Burkina Faso.

Au coté du système formel  d’éducation   et de formation technique  il existe des structures de formations    professionnelles  au sein de deux départements.  Le MEBA a pour mission  la formation des enseignants de l’enseignement de  base  (ENEP) et le MESSRS  qui forme les enseignants  du secondaire et les encadreurs  pédagogiques  du primaire et du secondaire.

b) Le système non formel

L’enseignement non formel est un secteur non organisé (sans programme et sans emploi de temps précis). Il est donné dans les centres d’alphabétisation, les cours du soir, au sein des groupes socio professionnels, économiques et politiques, des associations de jeunes

 L’enseignement non formel comprend : L’éducation non formelle de la petite enfance (Bi-songo, Halte garderie, etc.) et l’alphabétisation, assurée par le ministère délégué à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle, par certaines structures (ONG) et ministères (santé, agriculture, environnement, etc.). Elle regroupe : La formation des jeunes agriculteurs (FJA) ; Les centres permanent d’alphabétisation et de formation (CPAF) ; Les centres d’éducation de base non formels (CEBNF).

2) FINALITES ET BUTS DE L’EDUCATION

En ce qui concerne  les finalités du système éducatif, la loi 013/96/ADP portant loi d’orientation de l’éducation  stipule en son article 6 que  Le système éducatif burkinabé a pour finalité :

-   de permettre au jeune burkinabé d’assimiler les valeurs spirituelles, civiques, morales, culturelles, intellectuelle et physiques de la société ainsi que les valeurs universelles, fondements de l’éducation au Burkina Faso ;

-  d’assurer un développement intégral et harmonieux de l’individu ;

-   de créer et stimuler l’esprit d’initiative et d’entreprise ;

-   d’assurer sa formation afin qu’il soit utile à sa société et capable de l’aimer, de la défendre et de la développer ;

-  d’enseigner au citoyen le sens de la démocratie et de l’unité nationale.

Pour  ce qui est des buts du système  la même loi en son  Article 7 : stipule qu’il a pour buts de :

-          Faire acquérir des connaissances, des attitudes et développer des aptitudes pour faire face aux problèmes de la vie ;

-          Dispenser une formation adaptée dans son contenu et ses méthodes aux exigences de l’évolution économique, technologie, sociale et culturelle ; elle tient compte des aspirations et des systèmes de valeurs en vigueur au Burkina Faso, en Afrique , dans le monde

II. FORCES ET FAIBLESSES DU SYSTEME EDUCATIF

1.     Forces  du système

a)   De La qualité de l’enseignement

 Au  Burkina Faso, la qualité de l’enseignement  pourrait s’analyser sur trois plans :

 Au niveau des  élèves et étudiants : de façon générale au sein des deux ministères pour amoindrir les charges éducatives, il est proposé aux parents d’élèves  la location des manuels scolaires à couts  réduits. En outre, une cantine scolaire est offerte dans certaines écoles  primaires et dans des établissements secondaires.  A l’université, le Centre Nationale  des œuvres  Universitaires (CENOU) et ses représentions régionales  accompagnent l’ensemble des étudiants  dans la restauration (Restaurant Universitaire) , la Santé ( MUNASEB) et  dans le domaine  des sport et loisirs ( Centre d’écoute pour Jeunes …..) .

Au niveau des enseignants : A ce niveau, un accent particulier est mis sur la formation initiale et continue des maitres et des professeurs  en vue d’améliorer leur acte pédagogique. Au MEBA, des logements sont construits  notamment en milieu rural  dans le but d’améliorer  les conditions de vie et de travail des instituteurs.  Au MESSRS des mallettes pédagogiques sont mises  à la disposition des établissements scolaires et des encadreurs afin d’améliorer la qualité des cours offert aux élèves.  La revalorisation du statut des enseignants chercheur à l’université   en cours participe d’une  volonté des  autorités a l’amélioration du système éducatif.

Au niveau des infrastructures, il a été prévu dans le cadre du PDDEB (Plan Décennal de Développement de l’éducation de Base)  la construction de 2013 nouvelles salles de classe par an, de latrines, de logements pour maîtres et la réhabilitation des infrastructures défectueuses   . Au MESSRS, le renforcement des équipements pédagogiques se traduit par la construction et l’équipement de laboratoires  et de salles d’informatiques. Ces  dernières années, la construction de nouveaux amphithéâtres à l’université de Ouagadougou  et  à Ouaga II situé à Gonsin  participe de cet effort. 

b)   De l’équité et droit à l’éducation

 L’Article 2  de la loi d’orientation  est claire en  matière  d’équité et de droit à l’éducation. Il stipule que « l’éducation est une priorité nationale. Tout citoyen a droit à l’éducation sans discrimination fondée sur le sexe, l’origine sociale, la race ou la religion. L’obligation scolaire couvre la période d’âge de 6 à 16 ans. Aucun enfant ne doit être exclu du système éducatif avant ses 16 ans révolus, dès lors que les infrastructures, les équipements, les ressources humaines et la réglementation scolaire en vigueur le permettent ».

    Les politiques éducatives nationales tendent vers une plus grande justice et équité d’accès à l’enseignement de base, secondaire et universitaire. Au niveau de l’éducation de base des mesures incitatives telles que la prise en charge des cotisations scolaires par l’état tendent à encourager la scolarisation des filles.  Cette prise en compte du facteur genre dans le système  se remarque à travers des actions comme :

-         l’institution  d’un quota  de 50% de garçons  et de 50% de filles  lors du recrutement au CP1 ;

-         l’ouverture  des filières techniques aux filles ;

-         la nomination des femmes à des postes de responsabilité  au sein des structures  éducatives.

 En  outre les provinces à faible taux de scolarisation bénéficient de programme d’investissement en vue d’améliorer leur taux brut de scolarisation.  Au niveau du secondaire  la construction de nouveaux établissements permettre d’accroitre l’offre éducative.   Au plan Juridique le Burkina Faso  a ratifié   la convention   sur l’élimination  de toutes  formes de discrimination  à l’égard des femmes de 1979 par décret.

2)   Faiblesses du système éducatif

  En dépit des efforts déployés, des faiblesses subsistent au niveau de notre système éducatif.

a)   Des insuffisances en matière d’infrastructures

 Les composantes du système éducatif évoluent à des rythmes différents. Des signes de dysfonctionnement sont déjà perceptibles avec l’engorgement des classes de CM2 au primaire et de celles de 6 au secondaire. Au niveau du supérieur, on constate  l’insuffisance des infrastructures (Amphithéâtre, salle de cours, de TD et de TP), des équipements destinés à la formation  son quasi absents .  Ce constat qui menace l’équilibre et la stabilité du système contraste avec la politique éducative poursuivie actuellement qui ne prévoit pas de mesure pour le réajustement de l’équilibre du système.

b)   Au niveau pédagogique

           La couverture éducative est faible et s’aggrave au fur et à mesure que l’on va du premier niveau vers les niveaux supérieurs. Le niveau de scolarisation auquel se situe le Burkina Faso amène à le classer parmi les pays les moins scolarisés de la planète ; La qualité et la performance du système laissent à désirer. En effet, le matériel pédagogique est insuffisant, la qualification des enseignants est plutôt faible et leur nombre est dérisoire au secondaire et au supérieur. Le ratio élève par classe au secondaire tourne autour de cent élèves.

Au niveau du supérieur l’inadéquation entre formation et emploi cause le problème de l’emploi. De même l’insuffisance  de diplômé de niveau intermédiaire est absente.

c)    Au niveau de l’équité et le droit à l’éducation

L’équité en matière d’accès à l’éducation selon le sexe, le lieu de résidence et l’origine sociale n’est pas encore une réalité, malgré la politique volontariste mise en place en faveur notamment de l’éducation des filles et des femmes, avec le soutien de certains programmes. Même si des efforts au niveau du primaire semblent porter des fruits ce n’est le cas au niveau du supérieur.  En effet ; a la rentrée universitaire  2004, 2005 selon le sociologue Ambroise ZAGRE, l’université de Ouagadougou accueillait 22 0 93 étudiants dont 27, 97%  de filles  et représentait 3, 4%  au niveau de l’UFR/SEA.

                    d) Au niveau économique, financier et social

Nous pouvons souligner a ce niveau la faible couverture de la carte scolaire et le faible taux de scolarisation, la faiblesse des ressources financières publiques allouées au système éducatif (en 2004, 6,84% du budget national au MESSRS et 13,92% au MEBA), l’insuffisance de moyens financiers pour assurer la recherche appliquée, l’absence d’une vision intégrée et prospective du système éducatif dans la perspective du développement économique et social du pays, la création de nouvelles filières de formation en vue de faire face à l’évolution du développement économique du pays.

III/ REFORME  DU SYSTEME  EDUCATIF

1.     Evolutions des politiques éducatives

            L’évolution des politiques éducatives au Burkina Faso se place dans une dynamique régionale et mondiale et ne peut être appréhendée sans se référer aux grands débats passés ou en cours sur l’éducation. Ces débats menés au plan international ont nécessairement influé et influent toujours sur la politique éducative du Burkina Faso.

          A la fin de la décennie 1960-1970, une crise mondiale frappe l’éducation tant au niveau des pays développés que de ceux sous-développés comme le Burkina Faso. En termes de stratégie de sortie de crise, le Burkina Faso va s’engager dans une réforme de son système éducatif. Ainsi, la décennie 1970-1980 est marquée par une remise en cause générale du système éducatif burkinabè avec la conviction qu’il ne saurait se développer sans une refonte des programmes, des méthodes d’enseignement et une révision des modes et des sources de financement de l’éducation. Cette décennie sera donc marquée par une réforme du système éducatif. Initiée, à partir de 1972, elle ne sera mise en application qu’à partir de 1979 dans des écoles expérimentales.

 Entre autres objectifs, l’on prévoyait dans cette réforme de :

-    Démocratiser le savoir en entreprenant l’éducation des masses par la scolarisation et l’alphabétisation en vue d’atteindre 50 % (1977-1987) de taux de scolarisation au niveau de l’enseignement élémentaire de base pour les deux sexes;

-         Lancer en même temps un programme national d’élimination de l’analphabétisme.

 A travers ces objectifs, on peut facilement se rendre compte que la préoccupation concerne une fois de plus l’expansion du système éducatif au cours de la décennie 1970-1980.

 A partir de 1983, la scolarisation va connaître des taux d’accroissement importants en dépit de la situation d’exception que vit le Burkina Faso. Les nouvelles autorités du Conseil national de la révolution (CNR) en place vont afficher une volonté politique de démocratiser l’accès à l’éducation en s’appuyant sur la mobilisation du peuple autour des mots d’ordre révolutionnaires tels que: « un village, une école », « un département, un collège d’enseignement général », « une province, un lycée ».

En dépit des efforts fournis par les autorités du Burkina Faso, le taux de scolarisation à tous les niveaux restera en-dessous de celui préconisé par la conférence d’Addis-Abéba. Les efforts menés au cours de la décennie 1990-2000 permettront de relever les taux sans pour autant assurer l’atteinte de la scolarisation universelle. Au Burkina Faso comme dans les autres pays de la zone franc, cette décennie est toutefois marquée par une baisse drastique du pouvoir d’achat des ménages à cause des effets pervers de la dévaluation du franc CFA et du Programme d’ajustement structurel (PAS).

2.     Les différentes réformes  du  système éducatif

 Depuis son indépendance politique, le Burkina Faso a connu plusieurs réformes de son système éducatif.  Ainsi dans le souci d’adapter  le contenu de l’éducation aux réalités historiques, géographiques et culturelles du pays, les autorités entreprirent en 1962, une reforme. Mais  le document final de cette reforme est jugé insuffisant parce qu’il était trop superficiel.

 La reforme de 1967 quant à elle visait  la ruralisation  de l’école pour un pays qui était essentiellement rural et agricole. L’évaluation de cette reforme en 1970  trouvera les résultats insuffisants et elle fut aussitôt  abandonnée.

En 1974, avec le souci de lier l’enseignement à l’apprentissage d’un métier, une nouvelle reforme fut élaborée. Mais en 1984, le Conseil National de la Révolution (CNR) mit fin à la réforme sans qu’elle ne puisse faire l’objet d’évaluation.  Il propose alors, une nouvelle école  qui devrait être  au service de la révolution. Mais cette reforme n’a pu voir le jour compte tenue des critique apparue dans les assemblées générales et les commissions du peuples chargé des secteurs ministériel.

Depuis 1991, la politique générale du secteur de l’éducation s’inscrit globalement dans la dynamique  de la lettre d’intention de politique de développement et durale du gouvernement  qui accorde une priorité  à l’éducation de base.

Faisant écho à la constitution, la loi d’orientation de l’éducation, votée en 1996, réaffirme  que  «  l’éducation  est une priorité nationale. Tout citoyen  a droit à l’éducation  sans  discrimination  fondée sur le  sexe, l’origine  sociale, la race  ou la religion » (Art.2). Cette loi définit  les cycles terminaux  de formation  du système éducatif national  et les finalités  de l’éducation au Burkina Faso. C’est dire donc que la constitution  et  la loi d’orientation  constituent les  fondements  du système éducatif actuel.

3.     Cadre juridique  des reformes de  l’enseignement

 Le Burkina Faso  a initié  diverses reformes  au cours  de la décennie  écoulée  et s’engage  résolument  vers une nouvelle forme de gestion  de son système  éducatif .

La constitution  du Burkina Faso  en son article  18  reconnait  le droit  à l’éducation, à  l’instruction  et à la formation  de tout citoyen  burkinabé. Cette disposition  constitutionnelle à conduit  à l’adoption  de la loi  n°013/96 /ADP  portant  loi d’orientation  de l’éducation  par l’assemblée  des députés  du peuple (ADP), le 19 Mai . Cette loi fondamentale  fixe  les grandes  orientations  scolaires  et professionnelles  et détermine  la structure  du système  éducatif  et  les différentes  structures  et précise  en outre , le contenu  général  des cursus  scolaires  et les exigences  professionnelles , médicales  et éthiques  requises  pour exercer  la profession d’enseignant.Au plan toujours de la législation scolaire, il existe  un certain  nombre  de textes  portant  sur divers  aspects  du système éducatif. Il y a entre autres :

-         La  loi n°39/98/AN du 30 Juillet  1998 portant  (portant  réglementation  des établissements  de l’état  à caractère  administratif) ;

-          Le décret n°2001-143/PRES/PM/MEBA/MEF du 24  Avril  2001 portant approbation des statuts  des écoles  nationales  des enseignants  du primaire  (ENEP) ;

-         le décret  n°2001-178/PRES/MEBA du mai portant  adoption  du plan  d’augmentation  de l’efficacité  du système  d’éducation  de base ;

-         le décret n°99- 254/PRES/PM/MEBA du 20 Juillet 1999 portant adoption  d’un plan d’adoption  d’un plan décennal  de développement  de l’éducation.

 De façons générale, les principales  composantes de la législation scolaire (lois, règlements, statuts, lignes de conduite politiques, circulaires, notes, etc.) qui constituent les bases  de fonctionnement de l’administration scolaire sont en permanence  évolution. Ainsi les textes   d’application  de la loi  d’orientation   qui se rapportent aux types d’enseignants  à admettre dans le système éducatif , à leur qualification, à la durée  de l’année  scolaire  ou ceux  relatifs  aux questions  de la sécurité   dans les administrations scolaires.

4.     Etat actuel des reformes

a)   Au  niveau du primaire

A partir des années 1990, la recherche des solutions appropriées pour l’atteinte de l’éducation universelle conduira les autorités politiques burkinabés à élaborer, en lien avec les partenaires de l’éducation, deux plans dans le secteur de l’éducation. Il s’agissait :

-  du Plan décennal de l’enseignement post-primaire 1996-2005 qui vise 25 % de taux de scolarisation au secondaire en 2005

-  du Programme décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB) 2001-2010 qui prévoit à termes un taux de scolarisation de 70 % au primaire et un taux d’alphabétisation de 40 %.

         Quant à la   loi d’orientation de 2007 concernant l’éducation fait suite à celle de 1996 et renforce en théorie l’aspect gratuit et obligatoire de l’école: cette loi stipule que  l’éducation est une priorité nationale.

          Tout citoyen a droit à l’éducation sans distinction de sexe, d’origine sociale, de race ou de religion.  L’obligation scolaire couvre la période d’âge de 6 à 16 ans.  Aucun enfant ne doit être exclu du système avant 16 ans révolus tant que les possibilités d’accueil le permettent. L’enseignement public est laïc, et l’enseignement privé est reconnu et fonctionne dans le cadre d’une règlementation. Les langues d’enseignement sont le français et les langues nationales dans le cadre des écoles bilingues. D’autres langues sont utilisées comme disciplines d’enseignement.

 C’est dans cette même    dynamique, que le primaire vient dernièrement d’être rattaché au secondaire.

a)   Au niveau du supérieur

Longtemps délaissé, le supérieur reste de nos jours le cadet des soucis de nos gouvernants. En effet le manque de calendrier universitaire  au niveau du public reste une difficulté majeure qui empêche une orientation quelconque de ce secteur de l’enseignement.

Au delà de ce constat notons que quelque tentatives allant dans le sens de remédier aux maux qui minent ce secteur (inadéquation formation /emploi….), les autorités universitaires envisagent l’application d’un nouveau système  dénommé LMD (Licence Master  Doctorat). Née d’une volonté de professionnalisation  de l’enseignement  et d’une adéquation de celle-ci au contexte international, ce système rencontre  à ces débuts de nombreuses difficultés :

-         Une incompréhension du système par les différents acteurs concernés du système.  

-         Une difficulté liée au manque de moyens pédagogiques (manques d’ordinateurs et de connexions pour les étudiants, enseignants)

-          Le Manque crucial d’infrastructures  

-         Le Manque de documentation dans les bibliothèques  

Etc. 

IV/ RECOMMANDATIONS

 Le système éducatif, loin de satisfaire aux besoins du pays est de nos jours  minés par divers difficultés dont il s’avère impérieux de résoudre. C’est pourquoi nous proposons à tous les niveaux du système des mesures urgentes nécessaire à un toilettage du système.

a)   Au niveau du primaire et du secondaire :

 Base du système éducatif, il convient de l’accorder une très grande attention. les mesures suivantes doivent  être  prise en compte :

·       La formation des enseignants  doit être revue d’un  an  à 2 ans avec le Baccalauréat comme diplôme minimal. 

·       La nécessité d’un suivi des programmes des établissements privés

·       il faut  une augmentation du salaire des enseignants  du public

·       L’augmentation de l’offre éducative à travers  la construction de nouvelles infrastructures

·       Des mesures d’accompagnements  en cantines scolaires et un suivi des élèves afin d’éviter les déperditions et les échecs scolaires.

·       Il faut une dynamisation des structures comme les APE, AME, COGES

b)   Au niveau du supérieur

Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé « Construire les sociétés du savoir : nouveau défis pour l’enseignement supérieur » : « Les établissements d’enseignement supérieur jouent un rôle crucial d’appui aux stratégies de croissance économique axées sur le savoir et à la construction de sociétés démocratiques. En formant des professionnels compétents et responsables nécessaires à une gestion judicieuse de la politique macroéconomique et du secteur public, l’enseignement supérieur contribue à l’amélioration du cadre institutionnel d’un pays. Ses activités pédagogiques et de recherche sont d’une importance capitale pour le système national d’innovation ».  Fort de ce constat, nous estimons que des mesures comme celles qui suivent doivent être prise en vue d’améliorer ce secteur de l’éducation.

-         Une augmentation  des infrastructures  (Amphithéâtre…)

-         Une augmentation des prestations sociales (restaurant, santé, cités universitaires)

-         la construction de centres et de salle équipé d’ordinateurs, au besoin un étudiant un ordinateur à l’horizon 2015

-         Une connexion internet stable et permanente au niveau des universités et instituts

-         Une augmentation du salaire des enseignants   et une dotation de chaque enseignant en moyens de déplacement

-         Etablir un calendrier universitaire clair et strictement respecté

-         Convoquer les différents syndicats d’étudiants en période d’accalmie pour prévoir et éviter les crises ;

-         Traiter sans complaisance les problèmes et éviter de les déplacer.

-         Faire du problème de l’université une question nationale

-         Créer un observatoire de suivi des étudiants sortant et une commission chargée des stages et du bénévolat, du volontariat, voire du SND.   

-         Créer un service spécial de suivi de la santé  des enseignants

-         Augmenter le budget alloué à l’enseignement supérieur et également à la recherche

-         Organiser des instances beaucoup plus crédibles de rencontre entre les entreprises, et l’université.

-         Le suivi  des programmes des universités privées au Burkina Faso

-         Dans le cadre de mise en œuvre du LMD, il faudra  réorganiser les services d’informations, d’accueil et d’orientation  des étudiants.

-         etc.

 L’enseignement supérieur loin d’être une préoccupation uniquement des étudiants et des autorités universitaires est une affaire nationale car il   joue un rôle clé dans l’appui à l’enseignement de base et à l’enseignement secondaire, renforçant ainsi les effets économiques induits par les niveaux d’éducation inférieurs. Il faut donc créer les conditions favorables à la réalisation de cette ambition ; et éviter de  considérer l’université  comme un foyer de contestation, voire un refuge de subversifs, de désespérés et d’opposants politiques   qu’il faut absolument neutraliser

 

Conclusion

L’école burkinabè concentre depuis plusieurs années trois maux qui ont une grande influence sur les ambitions de développement du pays. Il s’agit de la faiblesse du taux de scolarisation, de la médiocrité des rendements internes et externes, de l’insuffisance des capacités de gestion, d’administration et de planification du système éducatif. En outre, le système se caractérise par son iniquité et sa sélectivité. L’entrée en vigueur du Programme décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB) en 2001 vise à combattre tous ces maux qui assaillent le système éducatif burkinabè.

Malgré les contraintes dont souffre  l’éducation au Burkina Faso, on retient cependant que l’expérience des reformes et des innovations introduite demeure riche en apprentissage de toute sorte. Ainsi, le Burkina  développe et expérimente de nouvelles formes d’organisation et de gestion de son système éducatif. 

Dans le but   de fournir à l’économie nationale les cadres compétents dont elle a besoin pour son développement, le  gouvernement burkinabé  doit aussi bien au niveau du primaire, du secondaire que du supérieur harmoniser notre système éducatif en vue de l’adapter au besoin du monde de l’emploi et de la société toute entière.

                                               

BIBLIOGRAPHIE

Ø Politique éducative et système éducatif actuel, Réseaux thématique de recherche de l’UEPA, numéro  1 janvier 2001, sous la direction Marc  pilon et Yacouba YARO

Ø Regard sur l’enseignement supérieur au Burkina Faso, P Ambroise ZAGRE, Maitre de conférences en sociologie, Presse Universitaire de Ouagadougou  2007

Ø Rapport national sur le développement de l’éducation au Burkina Faso, juin 2004, MEBA et MESSRS

Ø Loi 013/96/ADP portant loi d’orientation de l’éducation.

Ø La question éducative au Burkina Faso, Regards pluriels, Félix Compaoré (INSS), Maxime Compaoré (INSS), Marie-France Lange, (IRD), Marc Pilon (IRD, ISSP), 2007

Ø Article Situation à l’université de Ouagadougou indifférence coupable autour d’une affaire nationale ; mardi 22 juillet 2008, par Bendré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire »

  1. Ladikan's dit :

    Recevez toutes mes félicitations pour le travail que nous avez présenter sur la reforme du système éducatif en cours au Burkina Faso. Permettez-moi néanmoins de faire l’observation suivante: En référence à la loi d’orientation de l’éducation de 2007, il me semble que le système éducatif Burkinabè est loin de se limiter aux deux sous cycles dont vous avez fait cas dans
    votre exposé. Il serait alors enrichissant de prendre aussi en compte le préscolaire,l’éducation spécialisée et la formation technique et professionnelle.

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